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Le curé Narcisse Bellenger en est le fondateur. En 1861, il accueille les soeurs Sainte-Thérèse, supérieure, Saint-Louis-de-Gonzague et Marie-de-la-Visitation; il les loge dans un bel édifice en pierre qu'il a fait construire sur le terrain de la fabrique, grâce à une souscription et à des corvées.
Les soeurs se vouent essentiellement à l'éducation des filles et des garçons de la région. Elles accueillent les premières à la fois comme externes et pensionnaires, aux niveaux primaire et secondaire. Quant aux garçons, ils ne sont admis qu'au primaire et comme externes, sauf entre les années 1945 et 1963 pendant lesquelles ils peuvent loger au pensionnat. En 1967, les élèves quittent le couvent pour l'école centrale et, en 1968, le pensionnat des filles ferme ses portes. Les soeurs séjournent dans l'établissement jusqu'en 1994, s'occupant d'enseignement, de pastorale et d'aide aux démunis.
Pendant plus d'un siècle, les religieuses se sont acquis une réputation d'excellence dans l'éducation et l'enseignement en général, mais aussi dans certaines spécialités telles que piano, dactylographie, sténographie, classico-ménager. Avec un égal bonheur, elles ont initié les élèves au théâtre, au chant et au dessin.
Magnifiquement situé sur les bords du fleuve Saint-Laurent, le couvent est un endroit idéal pour le repos et les vacances des soeurs de la communauté. Mgr Louis-Nazaire Bégin, archevêque de Québec, y séjourne à maintes reprises. Le 28 décembre 1906, il écrit à la supérieure, soeur Sainte-Clotilde: «J'avais la tête bien fatiguée par mon immense correspondance, lorsque votre bonne lettre m'est arrivée. Elle m'a guéri radicalement... mieux que tous les remèdes. Qu'il fait bon vivre dans votre Béthanie, votre paradis terrestre, en face de notre grand fleuve... C'est le vestibule du ciel. De bonnes religieuses qui sont comme des anges de là-haut, viennent juste assez vous voir pour ne vous laisser manquer de rien... Si la paix de Deschambault m'était accordée, je vivrais cent cinquante ans, au moins..».
